La Rochelle
Ces rencontres sont ouvertes à tous, grande famille judiciaire, étudiants, tout public. Les séances entièrement gratuites permettent à chacun de voir, revoir ou découvrir des films magnifiques anciens et plus récents qui servent de support et de prétexte aux débats qui suivent les projections. Les invités, grands témoins, viennent du monde judiciaire, de la presse, du cinéma, de l’université et enrichissent notre réflexion sur les questions traitées toujours d’actualité. En outre, les invités ayant presque tous écrit sur le thème choisi, présentent et dédicacent leurs ouvrages dans des moments de franche convivialité. Qu’est-ce qu’un fou ? qu’est-ce que la folie ? comment la justice et la médecine s’emparent de la folie ? L’article 122-1 du code pénal énonce : N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes. Ainsi, on considère que n’ayant pas eu conscience de mal faire, cette personne n’a pas pu commettre de faute, ni a fortiori vouloir le crime, le délit ou la contravention. Il en résulte que les personnes déclarées irresponsables en raison de troubles mentaux font l’objet, selon le stade auquel l’irresponsabilité est constatée, soit d’un non-lieu de la part du juge d’instruction, soit d’une décision d’acquittement ou de relaxe prononcé e par la juridiction pénale. Le problème est que les personnes déclarées irresponsables pénalement peuvent, une fois considérées comme guéries, être remises en liberté et constituer à nouveau une menace pour la société. Sur ce thème qui constitue un vrai sujet de société et au cours du débat qui suivra la projection des films, les invités s’attarderont sur cette interrogation essentielle et qui revient régulièrement dans les bureaux des juges d’instruction et dans les cabinets des experts psychiatres, « Peut-on juger et punir les fous ?» Mais le sujet va bien au-delà . On ne peut faire l’impasse sur la prison sachant qu’une récente étude épidémiologique montre que 20% au moins des détenus présentent des troubles psychiatriques et des graves problèmes de comportements. Comment l’administration pénitentiaire gère-t-elle ce problème, quel est le rôle du Juge de la liberté et de la détention, celui des psychiatres, les hospitalisations d’office, etc. Une affaire parmi d’autres retiendra plus particulièrement l’attention, celle du tueur des infirmières de l’hôpital psychiatrique de Pau le 18 décembre 2004. Romain Dupuy, enfermé depuis 20 ans dans une unité pour malade difficile (UMD) ayant récemment sollicité la justice pour ne plus subir le régime d’enfermement total ce qui pose le problème de la gestion des malades mentaux. Pour illustrer ce thème, seront proposés à la séance du vendredi matin 4 Avril à 9h, le film documentaire « 12 jours » de Raymond Depardon sur les hospitalisations d’office et « La prochaine fois, je viserai le cœur » pour la séance de samedi 5 Avril à 14h30. Ce film est une adaptation cinématographique du parcours criminel d’Alain Lamare surnommé « le tueur de l’Oise »,interprété par l’acteur Guillaume Canet, lequel atteint d’une forme rare de schizophrénie, fut déclaré irresponsable et n’a pu être jugé. Pour en débattre, le psychiatre Michel Dubec, expert agréé près la cour de cassation, qui a expertisé de nombreux et tristement « célèbres » criminels et tueurs en série (Carlos, Romain Dupuy, Guy Georges, Patrice Allègre, etc..) et qui est auteur de nombreux articles et ouvrages dont le dernier « Le plaisir de tuer », l’avocat pénaliste parisien, Christian Saint Palais, associé de Me Jean-Yves Le Borgne, avocat notamment de Romain Dupuy, le chroniqueur judiciaire du Figaro, Stéphane Durand-Souffland qui a couvert les plus grandes affaires criminelles de ces vingt-cinq dernières années dont l’affaire de Pau et qui vient de publier « Service après-crime » et un juge de la liberté et de la détention ( JLD) qui intervient à l’hôpital psychiatrique de Cadillac sur Gironde où sont traités les malades mentaux les plus difficiles. Comme chaque année, la séance du vendredi matin à 9 heures est plus spécialement réservée aux lycéens de la ville mais ouverte aussi à tous en fonction des places disponibles. La séance du samedi 5 Avril commencera impérativement à 14h30 pour permettre aux invités auteurs, de proposer et dédicacer leurs ouvrages de 13h45 à 14h30 dans le hall du cinéma.
Gratuit. Sans réservation, dans la limite des places disponibles |
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